Euro 2016 : Un dispositif broadcast vraiment imposant !

Après la Coupe d’Europe des Nations de 1960, puis la célébrissime édition de 1984 rebaptisée Championnat d’Europe (à laquelle les Tricolores s’étaient imposés), la France accueillait pour la troisième fois de son histoire l’Euro de football. Entre le noir et blanc des années 1960, le mode Secam, en vigueur en 1984, et le niveau d’exigence de la réalisation HD et 4K d’aujourd’hui, les temps ont considérablement changé. La tendance est dorénavant à l’immersion visuelle et sonore, ainsi qu’à l’utilisation de plus en plus aboutie des outils de tracking et de réalité virtuelle. Retour sur les moyens techniques mis en place... 
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Publié le 19/07/2016

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Un dispositif intégralement pris en charge par l’UEFA

Il fût un temps où la notion de chaîne hôte, c’est-à-dire le plus souvent la chaîne nationale ou titulaire des droits du pays organisateur, prenait en charge la production internationale des images en respectant un cahier des charges plus ou moins précis délivré par l’Union européenne de football. Mais là encore les temps changent, et l’implication de l’UEFA dans ce domaine a considérablement évolué, au point que l’instance est devenue également maître d’œuvre de cette partie.

L’organisme peut aujourd’hui être considéré comme un producteur à part entière. Ce sont dorénavant les équipes dédiées de L’UEFA, emmenées par Bernard Ross, responsable des productions TV, qui conçoivent et prennent en charge l’intégralité du dispositif de production et de transmission des images de l’Euro.

Cinq réalisateurs ont été retenus pour être aux manettes des cinquante-et-une rencontres qui se sont déroulées. Parmi eux, trois français, Jean-Jacques Amsellem, François Lanaud et Laurent Lachand. Un allemand, Knut Fleischmann, et un britannique, Jamie Oakford, complètent la sélection.

Des éliminatoires jusqu’aux quarts de finales, ce ne sont pas moins de quarante-six caméras qui ont été exploitées sur chacun des dix sites de compétitions. Trente-six filmaient directement le terrain, tandis que dix sources additionnelles se consacraient aux coulisses (couloirs d’entrées des équipes sur le terrain, salles de presse…).

Bernard Ross, nous a confié le plan détaillé de l’emplacement des caméras (voir schéma). L’ensemble des matchs était naturellement produit au format HD 1 080i/50 avec un traitement du son en Dolby Surround 5.1. La plupart des micros audio aux abords du terrain étaient de type Schoeps 5.1. Deltatre, qui fournissait l’ensemble de l’habillage, s’est associé pour l’occasion à ChyronHego afin de proposer un nouveau système de tracking dont les retransmissions de football sont coutumières.

 

L’IBC de retour à la porte de Versailles

Comme en 1998, lors de la dernière Coupe du Monde organisée en France, c’est une nouvelle fois le Parc des expositions de la porte de Versailles qui a été retenu pour accueillir l’IBC (International Broadcast Center). Véritable centre névralgique des médias étrangers et de la circulation des signaux, ce sont un peu plus de soixante-dix télévisions étrangères, détentrices des droits de retransmissions, qui y ont élu domicile pendant la compétition. Les halls 6 et 8 offraient plus de 30 000 m2 de surface. Les travaux d’aménagement ont débuté à la fin du mois de mars afin d’offrir des services opérationnels dès le 6 juin, soit quatre jours avant le début de la compétition. L’ingénierie et le suivi du chantier ont été assurés par HBS (Host Broadcast Services).

Sur le site du XVe arrondissement de Paris, les bénéficiaires avaient à leur disposition des bureaux de production, des salles de montage (proposées d’office avec les solutions Adobe), des cabines de commentaires et des plateaux privatifs.

 

Euromedia et AMP Visual TV de la partie

Cinq prestataires ont été choisis par l’UEFA afin de couvrir, avec leurs moyens techniques, les dix stades de compétition. Parmi ces prestataires deux français. Euromedia a pris en charge les sites parisiens du Stade de France et du parc des Princes, tandis qu’AMP Visual TV officiait à Lyon et Saint-Étienne. Les villes de Lille et de Lens ont été couvertes par le voisin belge Outside Broadcast, Nice et Marseille par le britanique Telegenic, enfin Bordeaux et Toulouse par le suédois Mediatec.

Les prestataires utilisaient deux cars-régies par site afin de produire simultanément la réalisation internationale du signal, mais aussi les affichages spécifiques des écrans géants des stades et des fans zones.

« En plus de notre intervention pour le compte de l’UEFA, nous avons signé avec les trois diffuseurs français en ce qui concerne leur besoins privatifs », explique Stéphane Déry, directeur de la stratégie de développement commercial chez AMP Visual TV.

Dans l’Hexagone, beIN Sports diffusait l’intégralité de l’Euro 2016. TF1 a retransmis vingt-deux matchs, dont un sur sa filiale TMC. Si M6 « s’est contenté » de onze rencontres, la chaîne a tout de même eu le privilège d’être le seul diffuseur gratuit à proposer la finale.

« Outre nos accords avec l’UEFA en ce qui concerne la production de signaux, le plateau de l’Euro de beIN, a été réalisé en direct depuis nos studios Rive Gauche. L’ensemble des moyens privatifs de TF1 et M6 ont également été gérés par nos services », poursuit Stéphane Déry.

 

La 4K évidemment

Après avoir testé pour la première fois en grandeur nature la production 4K en Live en 2014, à l’occasion de la finale de la ligue des champions qui se disputait à Lisbonne, l’UEFA ne pouvait pas faire l’impasse d’un signal Ultra Haute Définition pour l’Euro.

Le match d’ouverture, les quarts de finale, les demi-finales et la finale ont donc été proposés en UHD.

Repris en France en exclusivité sur les canaux de TF1 et M6 distribués sur les box Orange 4K, le niveau de production était celui d’une captation à douze caméras et d’un habillage spécifique, toujours signé Deltatre. 

La production 4K était couvert, cette fois, par deux seuls prestataires : Telegenic et AMP Visual TV.

« C’est notre tout nouveau car Millenium Signature 12, (NDR – inauguré à l’occasion des 24 heures du Mans) qui officiait pour la 4K. Nous avons fait un test non diffusé dans une configuration minimale à Lyon le 26 juin, puis réalisé un des quarts de finale à Bordeaux le 2 juillet et une demi-finale à Lyon le 6 », précise François Valadoux, directeur général et directeur technique du prestataire.

L’audio des productions 4K était couverte en Dolby Atmos. Le son était mixé directement au cœur de l’IBC, dans une régie remote, pour l’ensemble des rencontres filmées en UHD.

 

 

Plus de cent vingt chaînes de télévision généralistes et sportives, issues de plus de deux cents pays à travers le monde, ont diffusé tout ou partie de la compétition. L’événement est considéré comme le troisième générateur d’audience au niveau planétaire, derrière la Coupe du monde de football et les Jeux olympiques d’été.

 

La production de l’Euro 2016 en quelques chiffres

• 30 jours de compétition
• 24 équipes
• 51 matchs
• 10 stades
• 5 réalisateurs
• 5 prestataires pour les captations, dont 2 français
• 46 caméras par stade
• 85 postes commentateurs dans le stade pour le match d’ouverture
• 130 postes commentateurs dans le stade pour la finale
• 2 000 heures d’images produites
• 120 chaînes retransmettront en direct la compétition dans plus de 200 pays
• Plus de 300 millions de téléspectateurs pour la finale

 

* Cet article est paru pour la première fois, dans Mediakwest #17. Abonnez-vous à Mediakwest (5 numéros/an + 1 Hors série « Guide du tournage) pour recevoir, dès sa sortie, notre magazine papier.

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