Les nouveautés Image et Broadcast du 38e Satis (Partie 3)

Troisième et dernière partie de notre compte rendu du 38e Satis. Nous démarrons ici par la lettre M comme Manfrotto pour atteindre le V de Visual Impact et son grand déballage de matériel image.
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MANFROTTO Le fabricant de trépieds fait aujourd’hui partie du grand groupe Vitec, ce qui lui permet de présenter sur son stand du Satis un large éventail d’accessoires utiles aux vidéastes. Cela va des rotules et pieds bien connus aux petits supports Joby pour caméras légères et smartphones, pieds de projecteurs Avenger, moteurs de panoramiques et travellings sur sliders Syrp, à la bagagerie avec Lowepro et la série National Geographic. C’est donc un véritable écosystème autour de la prise de vue qui est présenté ici, avec tout ce qui vient s’associer à la caméra, que ce soit pour une utilisation broadcast, fiction ou pour le marché des nouveaux utilisateurs et blogueurs. Mais la star du stand reste bien sûr liée à l’univers Manfrotto, puisqu’il s’agit d’une nouvelle tête fluide dédiée à la prise de vue vidéo : la Nitrotech 600. Celle-ci est le fruit de longues recherches qui ont abouti à cette rotule à pistons pour laquelle de l’azote est venu remplacer les ressorts pour assurer un contrebalancement continu. Le résultat en est un gain de fluidité dans les mouvements d’inclinaison et de panoramique, mais aussi de confort d’utilisation pour l’opérateur qui n’a plus à craindre que sa caméra tombe en cas de mauvais positionnement sur la semelle qui entraînerait un trop grand déséquilibre, et ce grâce à ce contrebalancement. Cette tête se décline en deux versions, la 608 pouvant supporter jusqu’à 8 kg à 55 mm du centre de gravité, et la 612 allant jusqu’à 12 kg. Bien que contenant un gaz, il est possible de voyager en avion avec cet équipement. Le rapport qualité-prix étant au cœur des préoccupations de Manfrotto, les cadreurs désireux de gagner en fluidité et en efficacité sur les tournages, en se concentrant sur leurs compositions et leurs mouvements plutôt que sur les réglages d’équilibrage de la caméra sur le trépied, seront facilement convaincus. MATROX Matrox est un développeur de solutions logicielles et un fabricant de matériels pour différents domaines et clients dont des équipements pour des salles de contrôles et pour le domaine médical. Sa division broadcast et vidéo démontrait au Satis une toute nouvelle solution d’encodage et de streaming multicanal HD et un prototype de décodeurs prévu pour une commercialisation début 2020. L’encodeur peut fonctionner sans décodeur, les flux pouvant être récupérés sur des players PC, Mac ou téléphones portables. Quatre signaux HD peuvent être encodés séparément ; sur chaque entrée plusieurs process peuvent être préparés à l’encodage de streams de qualités différentes pour de la contribution ou de la diffusion sur les réseaux sociaux, YouTube ou Vimeo. Deux versions d’encodeurs sont proposées, le premier en 420 8 bits et un modèle haut de gamme en 422 10 bits ; le décodeur étant pour sa part universel.     MWA Le Flashscan Nova possède une technologie d’entraînement du film intéressante qui s’affranchit des roues dentées dans les perforations et des cabestans. Deux moteurs (un sur la bobine débitrice, l’autre sur la bobine réceptrice) et un galet (précis de 0,2 Newtons, soit 20g à 60 Newtons, soit 600g) gèrent la tension et l’entrainement du film (pratique pour restaurer des bobines endommagées et/ou cassantes). Ce système permet de faire fi des défauts mécaniques de la pellicule tout en gardant une fixité parfaite. Une fenêtre à immersion (easy weat gate) élimine les rayures du support et donne les mêmes résultats que le Perchloréthylène ou l’alcool Isopropylique ou l’Isopranol. L’appareil est doté d’un zoom 4K total. C’est-à-dire qu’il s’adapte à la taille du négatif (8mm, S8mm, 16mm ou S16mm) pour restituer l’image numérique sans « cropper » dans la définition du capteur de numérisation. Un logiciel permet la correction des couleurs primaires, des noirs, et du gamma en mode auto ou manuel. La numérisation des images est faite à 25 IPS en 16mm ou S16mm ou à 50 IPS en 8mm ou S8mm. Plusieurs codecs d’enregistrement sont disponibles : DPX, AVI, DNX HD, AVC Intra, FFV1. En revanche, il n’existe pas de conversion directe en DCI sur la machine. Cette dernière comporte aussi un module audio, ce sont des machines rapides. Les images sont stabilisées grâce à la technologie laser ce qui permet de corriger les défauts de fixité. Le Spinner S reprend les mêmes caractéristiques mais peut scanner en 5K ou 8K. Il est capable d’analyser en temps réel les imperfections du film (rayures, poussières, collures ou perforations endommagées) avant sa numérisation. Il permet ainsi de transmettre ces informations pour automatiser ensuite le processus de restauration.     NOMALAB Société créée par Jean Gaillard et Sébastien Crème, Nomalab est un laboratoire moderne et une plate-forme de distribution entièrement intégrée dans le cloud, accessible via une interface web. Cet outil vise à aider, d’une part les producteurs, postproducteurs, distributeurs et ayants droit à livrer des contenus audiovisuels à leurs clients, d’autre part les diffuseurs à s’approvisionner et ingester des programmes rapidement et à moindre coût. Nomalab propose des services dématérialisés de masterisation, transcodage, QC, vérification, fabrication PAD, suivi de livraison et distribution… ainsi qu’une prestation de conservation qui respecte les exigences de la Recommandation CST-RT043 (indispensable pour obtenir l’agrément CNC et définissant un ensemble de bonnes pratiques pour garantir la pérennité des œuvres cinématographiques dans le temps). Grâce à son infrastructure totalement localisée dans le cloud et extensible, la force de l’entreprise est de garantir la fabrication et la livraison de contenus en moins de six heures. Les nouveautés de cette année et les futures évolutions technologiques visent l’élargissement des formats, des masters et des livrables, le support de lecture sur iOS, la livraison au format IMF et l’amélioration du contrôle qualité.     NIKON On connaît tous Nikon depuis des décennies pour ses appareils photo et ses objectifs, plus récemment aussi pour les fonctionnalités orientées vers la vidéo de ces équipements. Mais la marque nippone se tourne aussi aujourd’hui vers des solutions de prise de vue d’un tout autre type. Si vous avez visité le Satis cette année, vous avez sans doute remarqué le robot animé qui suivait toute personne se déplaçant sur le stand Nikon. Il s’agit d’un des équipements du fabricant MRMC, pour Mark Roberts Motion Control, que la compagnie a racheté il y a trois ans pour répondre à une demande croissante du marché broadcast de solutions automatisées permettant de gagner en efficacité et en précision. Non seulement ces robots ont des bras et des têtes leur offrant de larges possibilités de mouvements fluides, mais ils sont capables d’identifier un sujet dans l’image et de le suivre automatiquement. On imagine aisément les applications possibles, sur les plateaux télévisés pour le suivi des présentateurs comme sur les stades sportifs pour celui des actions. Au Satis, on pouvait se rendre compte de l’efficacité du système en se promenant dans le champ du robot aux côtés d’Alexis Paccou, représentant de MRMC pour la France. Une autre solution innovante proposée par cette branche de Nikon est le Polymotion Stage, pour faire de la capture vidéo volumétrique, c’est-à-dire de la modélisation 3D de sujet à partir d’une captation à cent-six caméras. Il s’agit d’un studio en forme de dôme de fond vert, à l’intérieur duquel viennent se placer les projecteurs, l’ensemble de caméras et bien sûr les moteurs de rendu. L’idée est de placer sur la scène un personnage, par exemple un athlète effectuant un geste, de sorte à modéliser son mouvement pour pouvoir l’analyser en volume, en créer des images 3D ou des avatars. Le système se voulant mobile est conçu en kit, à l’intérieur d’un camion qui vient à la rencontre des sujets. Quand on filme des stars du sport aux cachets faramineux, cela peut permettre une économie non négligeable. Ces nouveaux systèmes viennent élargir les horizons de Nikon, mais sans pour autant leur faire oublier leur cœur de métier. Les appareils hybrides de la série Z, les Z7 et Z6, avec la toute nouvelle gamme d’optiques associées pour bénéficier de la large monture de ces boîtiers en offrant un rendu exceptionnel, étaient bien présents sur le stand du Satis pour pouvoir être manipulés par les visiteurs du salon, prêts à se laisser séduire.   POST LOGIC L’intégrateur-revendeur Post Logic, spécialiste des univers postproduction et broadcast, présentait de nouvelles solutions de stockages NAS et SAN pour la postproduction et le graphisme. La marque Synology et son écosystème autour du stockage répondent à un besoin de stockage partagé. Les stockages Elements conviennent aux VFX et à l’étalonnage, gourmands en bande-passante car travaillant sur des formats non compressés. Post Logic est aussi revendeur des marques Adobe, Autodesk, Blackmagic Design, Boxx Technologies, Chaos Group, Colorfront, Eizo, Elements, Boris FX, HP, LaCie, NetApp, Pixotope, Synology, Tangent, Vizrt ou Wacom. Outre la vente de ces outils, Post Logic offre ses services de conseils et d’accompagnement comme intégrateur graphique pour les clients du web et des chaînes de TV, du design à la formation des exploitants sur les outils, en passant par l’installation et la configuration. Côté softwares de postproduction, la nouveauté est l’intégration de nouvelles fonctionnalités basées sur le machine learning qui apportent une vraie aide à l’homme pour la création. Exemple avec la version d’Autodesk Flame 2020.1 sortie en 2019 et son keyer pour l’extraction du ciel, l’extraction des masques à partir des vecteurs de mouvement, le générateur de maps de profondeur, en plus des exports IMF nouvellement supportés. Resolve 16, quant à elle, détecte maintenant les plans trop longs (boring plans) et Elements intègre un outil de reconnaissance de forme et de tags (étiquettes) après analyse des médias en temps réel. Mais ce qui retenait l’œil sur leur stand, c’était la solution de réalité augmentée et studio virtuel Pixotope pour le broadcast et l’événementiel. Produit par la société norvégienne The Future Group, les atouts de la technologie de Pixotope sont de répondre aux contraintes et problématiques du broadcast. Pixotope intègre ainsi des outils de gestion de l’incrustation fill/key (keyer), de synchro et de récupération des données (zoom et position) des caméras. Pixotope a une interface spécialement désignée et simplifiée pour les journalistes et charge le moteur graphique Unreal Engine en arrière-plan.     PROPHOT Ceux qui viennent de l’image fixe connaissent Prophot depuis longtemps. Au début des années quatre-vingt, un groupe de passionnés souhaitant partager son expertise et proposer les meilleurs équipements aux photographes amateurs et professionnels s’est lancé dans une aventure qui perdure encore aujourd’hui. Ce distributeur détaillant, initialement installé à Paris seulement, se veut proche du plus grand nombre puisque de nouveaux magasins ont ouvert à Lille, Lyon et Toulouse, car l’image ne se fait pas que dans la capitale, loin de là. En suivant les évolutions du métier et les nouvelles tendances, c’est naturellement que Prophot s’est tourné aussi vers la vidéo, d’où leur présence au Satis. À l’inverse d’autres vendeurs présents sur le salon, le public visé ici n’est pas celui du broadcast ou du cinéma, mais celui des productions plus légères et avec des budgets moins importants, telles que le court-métrage ou le web. Ils présentent ainsi toute une gamme de produits convergeant vers la vidéo, avec des accessoires pour petites caméras et DSLR, des micros, des systèmes de portage, des stabilisateurs et, bien sûr, de l’éclairage, puisque la lumière a toujours été une de leurs spécialités. Divers panneaux led sont présentés, dont ceux de la marque Arri. Les Skypannels et leurs faisceaux doux, avec un contrôle précis des couleurs et des intensités, sauront remplacer les HMI et leurs ballasts sur les tournages de fiction. La convergence entre image fixe et image animée est de plus en plus indéniable, et c’est naturellement que Prophot s’adresse à ces deux univers.     QUANTUM Le spécialiste Quantum propose différents produits et solutions de stockage adaptés au monde de l’audiovisuel comme sa gamme StorNext ou son stockage robotique performant en LTO 8, adapté au stockage d’importants volumes de données à conserver. Les stockages Quantum et les solutions de sauvegarde et d’archivage sur site ou dans le cloud répondent aux exigences de l’audiovisuel telles que de gros volumes et de hautes performances nécessaires, et s’insèrent dans les écosystèmes de production et d’archivage. Concernant le stockage de données, la force de Quantum est de répondre aux besoins en performances des contenus ultra haute définition, des images haute définition et autres formes de données non structurées avec sa fonction de tiering intelligent. La technologie de disques Flash NVME (Non-Volatile Memory Express) – prix de l’innovation à l’IBC – associée au système de fichiers StorNext produisent des serveurs de stockage haute disponibilité et hautes performances, comme ceux de la série F, conçus pour le montage, le rendu et le traitement de contenu vidéo. Cette gamme de produits NVMe offre, sur Ethernet, une bande passante de 25 Go/S qui permet de travailler à plusieurs simultanément en postproduction sur des flux 8K non compressés. Dans les nouveautés StorNext, notons aussi la sortie d’une interface unique plus conviviale qui remplace les différentes interfaces utilisateurs existantes.     RÉSEAU LOCAL Réseau Local, société créée en 2002, propose des prestations réseaux éphémères pour le marché de l’événementiel. Les premiers clients de réseau local viennent du milieu du jeu vidéo, un domaine qui a très tôt exprimé des besoins en infrastructures réseaux pour les compétitions et le streaming. Cela a permis à l’entreprise de se forger une solide compétence, que ce soit pour des solutions filaires, 4G, wi-fi ou mixtes. Loueur et prestataire de services, CP France accompagne également le déploiement de solutions fixes via une offre d’audit et de conseil. Les prestations proposées s’étendent à l’audio-vidéo sur IP, la captation, le streaming et le transport de flux NDI et NDI HX point à point entre sites distants avec un minimum de latence. Avec douze salariés et un large réseau d’intermittents, la société intervient dans toute l’Europe. Redondance, performance, cryptage des informations : les outils utilisés par réseau local assurent la plus grande sécurité.     ROSS Beaucoup d’évolutions cette année du côté de Ross, dont 90 % de l’activité concerne la production audiovisuelle live et qui propose une vaste gamme de solutions : automate de production, caméras, systèmes de caméras robotisées, mélangeurs de production, serveurs vidéo, NRCS, système MAM, studios virtuels… Les tendances chez ROSS sont l’UHD en 12G SDI et l’IP. Ross fournit un écosystème complet pour le News avec son NRCS (News Room Computer System) Inception, son assistant/automate de production Overdrive et sa solution graphique Xpression. Le système NRCS Inception intègre les fonctionnalités de conducteur, prompteur, messagerie, planification de tâches, publication sur les réseaux sociaux… ainsi qu’un nouveau service cloud. Il peut parfaitement être combiné avec son PAM Streamline ou un MAM des marques EVS et GrassValley. Overdrive existe depuis quinze ans (la version actuelle est la 19) et participe à la production News en mode manuel, semi-automatisé ou automatisé des émissions des chaînes BFM, France 3 et Equidia. Overdrive se veut agnostique pour contrôler tous types de matériels dans une régie et est aujourd’hui interopérable avec 250 équipements. Commercialisé sous une version unique, son développement répond néanmoins aux demandes des clients. Xpression, logiciel de création et diffusion d’éléments graphiques en régies de production ou de diffusion, apporte son lot de nouveautés en version 9 avec l’importation de fichiers Photoshop, la réplication d’animations similaires, un sélecteur d’aperçu vidéo… Côté régies, le mélangeur de production Carbonite Ultra est tout à fait adapté aux régies de taille moyenne et débute autour de 10 000 €. Avec ses 24 entrées et 14 sorties, ses trois ME ou quatre mini ME, il gère les formats SD, HD, 3G 1080p et 12G UHD et prend en charge le HDR. Son USB Media Player permet également de lire un contenu Mpeg4 AVC présent sur un périphérique USB connecté au mélangeur. Tria est une gamme de serveurs vidéo pour l’acquisition et la production. Le Tria + UHD dispose de deux canaux vidéo, intègre un routeur audio d’entrée/sortie embeddé, des baies de disques en Raid 5 ou 6, des outils d’importation et d’exportation de fichiers et le partage de clips en temps réel sur un réseau GigE ou 10 GigE. Le Tria Express, plus accessible en termes de tarif, fournit deux ou trois canaux en haute définition. Voyager, la plate-forme de rendu graphique est utilisée pour la réalisation d’émissions ou de séquences en réalité augmentée dans des décors virtuels. Elle est basée sur le moteur de jeu très connu Unreal 4 d’Epic games, peut facilement s’intégrer dans un NRCS grâce à son plug-in MOS et prend en charge les formats IP 12G et ST-2110. Les ingénieurs de Ross ont travaillé sur l’interface utilisateur pour rendre autonome un présentateur lors de la manipulation d’objets 3D. La plate-forme de routage Ultrix 12G est plus avancée qu’une simple grille, elle intègre dans son châssis des fonctionnalités de mosaïque, processing audio, gateway SDI-IP, frame sync et traitement du signal, en bande de base, en IP ST-2110 ou hybride. Grâce à l’achat de licences – qui devraient dans le futur être disponibles en location à la demande pour des évènements – il est facile d’activer les différentes options selon les besoins. Par ailleurs, il permet une évolutivité vers l’IP, car aucun changement de connectivité n’est nécessaire, les modules SDI pouvant être remplacés par des modules IP. À noter aussi le Pro-xi 100 Workstation Integrator, système KVM dans un châssis 3U apportant le monitoring et le contrôle à distance de multiples ordinateurs Windows, Mac et Linux simultanément, en vignettes ou en plein écran.     SIGMA La marque nippone est présente sur le marché de la photographie depuis bien longtemps. Le choix qu’elle a fait il y a une dizaine d’années de ne pas délocaliser son usine en Chine, mais au contraire de maintenir sa production au Japon en montant en gamme, a manifestement été judicieux, puisque Sigma se porte bien et développe constamment de nouveaux produits, qui ravissent les photographes mais aussi, maintenant, les vidéastes. Les visiteurs du Satis ont ainsi pu découvrir les dernières innovations, telles que les gammes d’optiques de séries classiques. Avec un look rétro, de grosses bagues crantées adaptées à l’utilisation de follow focus, mais surtout des traitements spéciaux conçus pour améliorer le bokeh, augmenter la quantité et la qualité des flares tout en réduisant le contraste pour accroître les possibilités de traitement en postproduction, ces optiques répondent parfaitement aux souhaits des chefs opérateurs. Équipées d’une monture PL, Sigma propose une bague adaptatrice pour les convertir en monture L et pouvoir ainsi les utiliser sur les appareils hybrides Sigma et Panasonic. Parmi eux, citons bien sûr le FP de Sigma, unique en son genre car étant le plus petit boîtier plein format. Pour autant, ce n’est pas parce qu’il est de petite taille et très léger (422 g !) que ses performances le sont aussi. Au contraire, son capteur de 24 millions de pixels est très piqué et très sensible, jusqu’à 102 400 ISO. Il enregistre des fichiers vidéo HD ou 4K en intra-images en Cinema DNG ou compressés en Mov H264, et la sortie HDMI propose un signal 4K codé en 12 bits pour une qualité optimale via un enregistreur externe. Avec sa monture L il peut s’accorder avec toutes les optiques construites sur ce modèle, mais aussi avec les objectifs PL via la bague adaptatrice. Un bouton sur le dessus permet facilement de basculer d’un mode de prise de vue photo à un mode vidéo. Il ne s’agit donc pas seulement d’un accessoire pour que les chefs opérateurs fassent leurs repérages avec les optiques qui seront utilisées au tournage, mais bien d’une caméra de qualité dans un tout petit gabarit, destinée à satisfaire les réalisateurs indépendants, notamment ceux qui ont découvert la vidéo via leur iPhone, mais qui souhaitent gagner en qualité. Foucauld Prove, le directeur des ventes, est ravi : « Nous sommes venus au Satis pour présenter le FP, à savoir un appareil photo, et les visiteurs sont venus nous voir pour découvrir la FP, qui est donc adoptée comme une caméra. Le pari est donc gagné ! ».   SONNET Sonnet est une société basée en Californie qui développe des produits depuis trente ans. La marque mettait en avant sur le Satis ses solutions Thunderbolt 3, avec des châssis d’expansion, des lecteurs de cartes et des boîtiers 10 GbE. Les boîtiers e-GPU sont très populaires, ils permettent d’augmenter la « puissance graphique » des ordinateurs portables Mac et PC, des iMac, iMac Pro et Mac Mini. Avec les eGFX Breakaway Box, vous intégrez la carte graphique externe de votre choix selon les modèles compatibles indiqués sur le site de Sonnet pour chaque référence de boîtier. On peut ainsi créer un ordinateur extrêmement puissant et petit. Adobe Premiere Pro et After Effects, Apple Final Cut Pro, Blackmagic DaVinci Resolve, et des logiciels 3D bénéficieront de cette solution. Les modèles eGFX Breakaway Puck intègrent dans un très petit boîtier les cartes RX 560 ou RX 570 ; avec trois connecteurs Display Port et un HDMI. Sonnet offre la plus grande gamme de produits 10 GbE du marché, depuis les modèles single port cuivre, SFP+, Thunderbolt 2 et 3, les modèles dual port et les cartes PCI-E 10 GbE, tous les besoins sont couverts. Le lecteur de carte Qio de Sonnet permet de lire plusieurs types de cartes (2 SxS, 2 P2 et 2 CF), avec la ligne de lecteurs de cartes Thunderbolt 3 qui comprend des modèles CFast, CF Express, SxS et Red Mini-Mag vous pouvez recréer une solution similaire avec l’avantage de pouvoir emmener un lecteur et laisser les autres sur la station fixe. Pour cela, les différents lecteurs peuvent être assemblés ; grâce aux deux prises USB-C sur chaque module. Cette solution est très intéressante pour les stations DIT. Accompagnant parfaitement le nouveau Mac Pro ou des PC haut de gamme, la carte sonnet M.2 4 x 4 PCIe est une solution de stockage très rapide, avec jusque quatre disques flash NVMe de 2 TB, ce stockage de 8 TB permet des débits allant jusque 12 000 MB/s en agrégation et 8 500 MB/s en Raid O. Parmi les différents châssis d’expansion on trouve des modèles simple slot de très petite taille et un modèle accueillant trois cartes incluant un connecteur d’alimentation 6-PIN pour les cartes énergivores et un ventilateur parmi les plus silencieux du marché.     SONY Sur son stand, Sony a fait le Buzz notamment avec sa nouvelle caméra FX9, comme le souligne Fabien Pisano, responsable commercial Europe du Sud : « Le public et les utilisateurs ont pu l’approcher et la prendre en main en France pour la première fois sur le Satis. Il s’agit du premier salon européen, après l’IBC, où nous pouvons montrer toutes nos nouveautés. La FX9 fait partie de la famille plein format Full Frame chez Sony, une famille qui démarre avec la gamme Alpha (appareils photos qui font de la photo et de la vidéo, utilisé en production sur le clip etc…) et s’étend jusqu’à la Venice pour le cinéma numérique et la fiction. Il nous manquait à l’intérieur de cette gamme une caméra qui puisse être plus polyvalente, qui conviennent au magazine, au documentaire… en 4K, en HDR… ». La FX9 vient complémenter cette gamme et l’univers Full Frame ne va pas s’arrêter là chez Sony. Nous connaissions les FS5, FS7, Mark I, Mark II etc. qui est l’univers autour du capteur super 35 qui a vraiment été l’évolution dans les années 2000 entre le 2/3 2 pouces et le format plus grand pour se rapprocher des perspectives et de la gestion de la profondeur du champ comme en pellicule.     TEVIOS Tevios est un acteur des secteurs Broadcast, Telecom et Media et distribue les produits des marques BirdDog (convertisseurs SDI et caméras NDI), BlueBell (transmission vidéo, audio et données par fibre optique), Craltech (multiviewers, moniteurs et solutions Quad-split), CyanView (RCP, CCU et mini-caméra), Dejero (transmission en direct via 3G/4G/Ka/Ethernet), IO Industries (caméras compactes HD et 4K), Nixer (outils de surveillance et de diagnostic Dante), Phabrix (outils d’analyse IP, UHD et HDR HD/3G/4K et IP) et Sapec (encodeurs, modulateurs et décodeurs SD, HD et UHD). Dans les produits phares, notons les outils de mesure et générateurs de Phabrix. La série Qx comporte la mesure IP ST 2110, la mesure avancée de comparaison de latence des flux par rapport au PTP, ainsi que le délai d’arrivée entre paquets pour les flux. La nouvelle option SDI-Stress offre un ensemble d’outils avancés pour les tests de stress des interfaces SDI. La gamme NDI de BirdDog est riche de divers produits. Le Studio NDI est un encodeur – décodeur NDI. Il encode des résolutions jusqu’à 1080p60 SDI et HDMI, et décode des résolutions jusqu’à 1080p60 en SDI ou HDMI. Il contient un convertisseur intégré, des sorties loop actives, un système d’interphonie audio, un double encodage NDI, un système Tally NDI et un PoE. La caméra tourelle BirdDog Eyes P200 possède un capteur rétroéclairé CMOS et un processeur d’image Sony. Il supporte des fréquences d’images allant jusqu’à 1080p60, un zoom optique 30x et trois sorties indépendantes en direct en SDI, HDMI et NDI. BirdDog Cloud est un logiciel de gestion et de diffusion qui permet la distribution de contenus NDI à distance de façon fiable et sécurisée. Chez IO Industries, le Victorem 4KSDI Mini dispose d’un capteur Sony Pregius IMX305 ainsi que d’une variété de modes de sortie qui incluent 4K, UHD, 2K, 1080p, 1080i, jusqu’à 60fps. Fabriquée par CyanView, la télécommande Cy-RCP est basée sur IP et contrôle des caméras et des objectifs, via les protocoles série RS232, RS422, RS485 et LANC. Craltech propose maintenant des moniteurs supportant les signaux IP SMPTE-2110 et IP SMPTE-2022 et Bre4K, un multiviewer compact et léger 4K HDMI quad-split avec un faible délai de traitement.     TRM Fournisseur de solutions audiovisuelles depuis plus de trente ans, TRM suit avec attention les transformations d’un marché en pleine mutation. La société cherche ainsi à évoluer avec les technologies pour étendre son offre de matériel et de prestations. Aujourd’hui, sa gamme de produits et de services est large : vente, financement, distribution de consommables et de fournitures pour tous types de productions. Le public auquel elle s’adresse l’est aussi. Olivier Le Bars, directeur marketing, affiche clairement trois volontés : – continuer à satisfaire les chaînes et producteurs de TV, radios et grands comptes institutionnels avec l’équipement broadcast de pointe, – proposer les équipements adaptés en termes de mobilité et de tarif à la nouvelle génération de créateurs de contenus hybrides, – répondre à la demande croissante de solutions pour des lives ultraportables à petits budgets pour les news et les productions légères. Ces orientations s’affichent nettement sur l’organisation de son stand du Satis, découpé en trois univers. Le premier est dédié aux réalisateurs autodidactes et youtubeurs, avec la présentation des caméras hybrides Nikon Z7 et Panasonic S1, mais aussi d’une gamme d’accessoires pour des prises de vue et de son avec un iPhone. Le second présente les dernières caméras Red, dont TRM est importateur officiel, pour les marchés de la fiction et de la vidéo de sport. On peut ainsi manipuler les Red Raven 4,5K, Scarlet-W 5K ou pousser jusqu’à la 8K S35 avec les Weapon et Epic-W, parfaitement accessoirisées pour de meilleures expériences de tournage. Le troisième est consacré aux solutions pour des lives à petits budgets en équipes réduites. Sur ce dernier on découvre des produits innovants, comme le système de sacs à dos de streaming via réseaux 4G et bientôt 5G LiveU, les caméras paluches ultracompactes de la société Dream Chip ou encore l’application française City Producer qui offre aux journalistes un outil pour tourner, monter et diffuser en toute facilité avec leur iPhone. Il est ainsi clairement exprimé que TRM suit les évolutions du marché, est toujours présent pour sa clientèle traditionnelle, mais aussi à l’écoute des nouveaux acteurs de la vidéo.     VIDEO PLUS Leader dans le domaine de la vente et de la location de matériel audiovisuel professionnel depuis plus de trente-cinq ans, mais ayant toujours affiché sa volonté d’être au plus proche de ses clients, c’est naturellement que Video Plus était présent au Satis. Hervé Meimoun, technico-commercial : « Nous ne sommes pas des pousse-cartons, nous sommes là pour conseiller et accompagner les utilisateurs dans leur démarche et leur proposer la solution la plus adaptée à leurs besoins. » Leur secteur-clé est le broadcast, que ce soit à la vente, mais aussi à la location. Ils possèdent ainsi le plus grand parc européen de caméscopes Sony XD-Cam, dont la PDW-850 qui répond aux demandes des productions d’émissions télévisées telles que Koh-Lanta. Ils s’adressent aussi aux événements de la plus grande envergure comme les Jeux Olympiques avec les serveurs EVS XT3, les caméras 4K/HD avec ralentis Super Slow Motion Sony HDC-4300 et toutes les optiques associées. Revendeur Black Magic, Video Plus a créé dans ses locaux un showroom unique en France pour que les vidéastes désireux de s’équiper avec des équipements de prise de vue, montage ou live de la marque puissent les tester et s’informer lors de master-classes. Gérard Cabanac, shop manager : « Nous sommes à la recherche de toutes les innovations et explorons ce qui se fait dans tout le secteur. » Video Plus est ainsi devenu revendeur exclusif de Kinefinityune caméra Full Frame 6K 3:2 pouvant enregistrer jusqu’à des cadences de 75 images par seconde en 6K, et 240 en HD. Elles enregistrent jusqu’en 6K ProRes4444 sur des disques non propriétaires pour un flux de travail efficace et des images d’excellente qualité. Dans un corps compact et léger pouvant accepter différentes montures, les Mavo sont équipées de capteurs CMOS plein format avec une double sensibilité native de 5 120 et 800 ISO. Au tarif de 20 000 € avec accessoires (mais sans les optiques) plus compétitif que les concurrentes, cette caméra devrait satisfaire les chefs opérateurs pour les tournages de publicités et de fiction. Video Plus est ainsi partenaire de tout le monde de l’audiovisuel professionnel, qu’il s’agisse de l’institutionnel, de l’événementiel, de la télévision, de la publicité ou de la fiction.     VISUAL IMPACT Il était difficile de déambuler dans les allées du Satis sans remarquer le stand de Visual Impact, tant il regorgeait de matériel. Ce spécialiste de l’intégration, distributeur mais aussi loueur d’équipement vidéo professionnel et broadcast se veut multi-casquettes et l’a clairement affiché à l’occasion de cette rencontre de l’audiovisuel. Jusqu’à il y a peu, l’essentiel de son marché était les caméras de poing pour les tournages de reportage ou de documentaire. Ce secteur étant en perte de vitesse, Visual Impact a eu besoin d’évoluer, ce qui s’est fait dans plusieurs directions : – les petites unités de tournage telles que DSLR et hybrides, – les grosses productions, incluant la fiction, – le live, notamment avec des caméras à grands capteurs, – la VR, – la réalité augmentée. Les équipements présentés au Satis ont parfaitement reflété ces différentes orientations. Parmi ceux-ci, citons IDVIU, que l’on prononce « I-D-View ». Il s’agit d’une application créée par une start-up française pour faire de la captation et du streaming en VR. Ou encore Zero Density, un logiciel de création de studios virtuels pour des lives captés sur fond vert. Il autorise de gros volumes et peut se coupler avec des caméras placées sur sliders robotisés pour effectuer des mouvements au sein de l’univers créé, ce qui a séduit les plus grosses chaînes de télévision pour leurs plateaux. Pour les éclairer, les nouveaux panneaux Rotolight sont particulièrement pratiques à utiliser, avec leurs diffusions intégrées paramétrables et pilotables à distance. Visual Impact développe des régies multicaméras intégrées ou mobiles, autour des mélangeurs Newtek ou Ross, dont ils sont distributeurs. Côté captation ils incitent à tourner avec des caméras à grands capteurs, notamment des Arri, généralement plus habituées des plateaux de tournage de cinéma que de télévision, pour des rendus 4K HDR de haute qualité. Ainsi la caméra, quelle qu’elle soit, devient un outil dans une solution. Elle va être accessoirisée pour s’adapter aux conditions de tournage, intégrée dans une régie, une captation VR ou autre… Les possibilités sont aussi nombreuses que les projets, et l’équipe de Visual Impact est là pour nous conseiller à choisir les plus adaptées à nos contraintes et besoins.   La partie 1 de ce compte rendu du Satis 2019 est à lire ici et la partie 2 est accessible là. Article extrait de notre compte-rendu du Satis 2019, paru pour la première fois dans Mediakwest #35, p.28/63. Abonnez-vous à Mediakwest (5 numéros/an + 1 Hors-Série « Guide du tournage ») pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur intégralité.


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