Patrimoine audiovisuel : La CST lance un cri d’alarme et mobilise la filière

Face à l’obsolescence technologique et à la disparition des savoir-faire, la CST a réuni les acteurs du secteur pour lancer son groupe de travail « Patrimoine cinématographique et audiovisuel ». L’objectif : structurer un plan de sauvegarde d'urgence avant que la mémoire technique ne s'éteigne
Lancement du groupe de travail Patrimoine cinématographique et audiovisuel : une mobilisation des professionnel-le-s pour préserver les œuvres

Face à l’obsolescence technologique et à la disparition des savoir-faire, la CST a réuni les acteurs du secteur pour lancer  un groupe de travail.  « Patrimoine cinématographique et audiovisuel ». L’objectif : structurer un plan de sauvegarde d’urgence avant que la mémoire technique ne s’éteigne…

Le constat est en effet sans appel : de toute évidence, une partie de l’histoire audiovisuelle française est en sursis. En fait, si le cinéma bénéficie déjà de protocoles de restauration établis, le segment audiovisuel subit quant à lui une double peine. Cette filière observe une  dégradation physique des supports magnétiques et dans le même temps,  la raréfaction des machines capables de lire ces supports… Et la situation est particulièrement critique pour les œuvres tournées ou post-produites en vidéo avant 2005,

 

 

Une course contre la montre technique et humaine

Le danger n’est pas seulement chimique, il est mécanique et humain. Aussi, la CST pointe-t-elle du doigt deux points de rupture critiques :

  1. Le “Hardware” : Les magnétoscopes et leurs pièces détachées sont d’ores et déjà des reliques introuvables. Or, sans lecteurs fonctionnels, les bandes restent muettes à jamais.

  2. La transmission : On constate également que la maintenance de ces parcs de machines repose sur une poignée de techniciens ultra-spécialisés dont le départ à la retraite est imminent.

« Une partie essentielle du patrimoine audiovisuel français est aujourd’hui menacée », alarme la CST qui souhaite transformer cette prise de conscience en une action collective immédiate.

 

 

Un plan d’action en six axes

La Commission souhaite décloisonner les mondes du cinéma et de l’audiovisuel pour créer une force de frappe commune. Afin de dérouler son plan d’action, elle s’appuie  sur le rapport de Michel Gomez. La révision de la recommandation technique CST-RT-043 (publiée en 2025) lui sert aussi de fil rouge…

Six sous-groupes de travail thématiques ont ainsi été définis pour adresser les défis de demain :

  1. Inventaire technique : Cartographier les magnétoscopes encore opérationnels et organiser leur maintenance.

  2. Normalisation : Étendre la recommandation CST-RT-043 au secteur audiovisuel pour conditionner les futures aides.

  3. Métadonnées : Structurer un écosystème de partage de données efficace.

  4. Pérennité numérique : Faire évoluer le standard CPP (Cinema Preservation Package).

  5. Savoir-faire : Recenser et organiser la transmission des compétences techniques menacées.

  6. Innovation : Intégrer l’IA dans les processus de restauration pour gagner en efficacité.

 

 

Comment participer ?

Dans un premier temps, la CST a appelé l’ensemble des professionnels du secteur à s’impliquer à l’occasion d’une rencontre le 12 février dernier. À noter que la suite des travaux sera réservée aux membres actifs de la CST.

Grace à cette mobilisation,  l’association,  pivot central de la réflexion technique en France, espère garantir que les œuvres du XXe siècle ne soient pas les oubliées de l’ère numérique… Un constat et un appel à l’action qui va dans le sens de l’étude réalisé par Michel Gomez que nous présentons dans l’article Patrimoine audiovisuel, nous avons laissé s’installer un trou noir ( Mediakwest # 65 ).

Pour plus d’informations et adhérer, rendez-vous sur le site de la CST