Optimiser les caméras compactes pour la prise de son (Partie 1)

Souvent incomplètes sur le plan audio, les petites caméras proposent néanmoins des fonctions ou des options concernant la gestion du son, présentées de manière plus complexe que les caméras d’épaule. Le point sur les accessoires qui permettent d’optimiser la prise de son, ainsi que quelques indications permettant de configurer correctement sa caméra sur le plan audio.
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La pluparts des caméras compactes proposées aujourd’hui sont dotées d’un micro interne hérité des modèles grand public, et guère plus. Le vidéaste débutant qui part en tournage armé de ce seul équipement reviendra forcément déçu : bruit de vent, voix trop souvent incompréhensibles. Alors quels équipements permettent d’aller plus loin et comment optimiser sa configuration ?

 

Au-delà du micro interne…

Bien qu’il puisse dépanner dans certains cas lorsqu’il s’agit d’alléger le dispositif ou de recueillir juste un son témoin, le micro interne stéréo, lorsqu’il est présent, est situé tout proche de l’objectif et des commandes. Il prend facilement les bruits de manipulation et n’est de surcroît pas facile à protéger du vent. La plupart des fabricants proposent donc, sur leur gamme de caméras compactes destinées aux professionnels, deux entrées micro dotées de fiches XLR, d’une alimentation 48 V pour micro statique et d’un support plus ou moins bien suspendu dans lequel on pourra loger un micro additionnel ; mais lequel choisir ? L’idéal serait de pouvoir zoomer dans le son comme on zoome dans l’image, mais malheureusement, la technologie actuelle ne permet pas encore de le faire de manière satisfaisante et il faut donc opter pour une directivité fixe. Sur ce point, deux écoles s’affrontent. Les fabricants de caméras et les revendeurs spécialisés proposent généralement des micros-canon courts comme le Sony ECM NV1 livré en série à l’époque des PD 170 ou encore les Røde NTG 1 et 2, ou l’Audio-Technica AT 875-R. Ce choix a l’avantage d’offrir une solution de secours pour effectuer une interview à la sauvette, lorsqu’il n’est pas possible de placer un micro cravate sans fil ou d’utiliser un micro main ou sur perche. Malheureusement, pour être réellement efficaces, ces micros doivent atteindre, voire dépasser les 20 cm, ce qui devient vite encombrant sur une caméra. D’autre part, ils restent couteux à l’achat pour obtenir un rendu satisfaisant. Une autre approche consiste à choisir des micros statiques à directivité plus large, type cardioïde, qui seront à priori moins efficaces pour capter une voix depuis la caméra, mais en revanche plus adaptés pour capter les ambiances, ce qui est après tout le rôle principal d’un micro caméra. De plus, leur taille réduite les rendra bien plus facile à vivre au quotidien et leur qualité sera supérieure à budget égal. Dans cette optique, des micros statiques d’entrée de gamme plutôt conçus pour les prises de son musicales comme les AT2031 et AT4041 chez Audio-Technica ou le NT5 chez Røde peuvent faire l’affaire.

 

Suspension et protection anti-vent…

La plupart des petites caméras disposent d’un emplacement pour placer le micro, mais malheureusement, la suspension y est la plupart du temps rudimentaire et la pince rarement adaptée au microphone que vous venez d’acheter. Plutôt que de l’enrubanner sous dix couches de gaffer pour en augmenter le diamètre, il peut être judicieux à ce stade d’investir dans une suspension, qui en outre, l’isolera mieux des chocs infligés à la caméra en procurant un vrai « découplage mécanique ». Certaines suspensions peuvent se fixer à la caméra en utilisant le support micro d’origine. C’est le cas de la Røde SM5 ou plus sophistiqué, des Lyres InVision de chez Rycote associées au Camera Clamp Adaptor. Notons que Rycote propose alternativement le MHR (Mic Holder Replacement), un support qui reprend les filetages de la pince micro montée en usine pour y installer en lieu et place une suspension InVision. L’autre solution consiste à utiliser la griffe porte-accessoire située à l’avant de la caméra pour y placer la suspension en utilisant un adaptateur de type sabot doté d’un filetage 3/8 comme le Hot Shoe Adaptor de Rycote ou ceux proposés par de nombreux fabricants d’accessoires photos. On peut alors parfaitement diriger le micro dans toutes les directions, et l’utiliser au besoin pour reprendre les questions pendant une interview, mais on perd au passage un emplacement précieux pour y fixer une minette. La parade consiste alors à multiplier le nombre d’emplacements en optant pour un rail optionnel (Hot Shoe Extension) ou encore un « arbre à sabots ». Taper « Hot Shoe Mount » dans un moteur de recherches vous fera découvrir de nombreux accessoires de ce type. Attention toutefois au déséquilibre induit par ce type de montage qui risque de faire piquer la caméra en mettant trop de poids sur l’avant…

Mais l’affaire ne s’arrête pas là, car une fois correctement suspendu, le micro, dès qu’il est utilisé en extérieur, doit être protégé du vent par une bonnette. Si la plupart des fabricants de micros proposent quelques modèles adaptés à leur gamme, le choix le plus vaste en matière de longueurs, de diamètres et de formes se trouve chez Rycote qui, ces dernières années, a sérieusement investi le marché de l’équipement caméra. Simple à installer et d’un poids raisonnable, les Softies Classic combinant mousse épaisse et poil court sont largement utilisées en France. Plus récentes et plus onéreuses, les Super Softies, dont le textile 3D-Tex sèche plus vite en cas de pluie, donne, selon le constructeur, une meilleure atténuation des bruits de vent dans le bas du spectre.

 

Le numérique bouleverse la HF…

Pour rapprocher le micro au plus près de l’intervenant lors d’une interview sans s’embarrasser de câbles, les systèmes sans fils devenus compacts et abordables sont désormais incontournables. Contrairement aux caméras d’épaule qui peuvent disposer d’un emplacement permettant d’accueillir et d’alimenter un récepteur « slot in » compatible, il faut, sur les caméras compactes, se tourner vers des modèles capables de fonctionner sur piles ou accus. Suivant les cas, ces récepteurs compacts se retrouvent généralement fixés via une bande de velcro ou sur la griffe Hot Shoe grâce au sabot fourni par le fabricant du système HF. Jusqu’à très récemment, micro sans fil rimait avec transmission HF analogique, un créneau où l’on trouvait des récepteurs à choisir dans les gammes Sennheiser Evolution EW100, Audio Ltd Envoy En2, Micron Explorer, Wisycom MPR30 ENG pour ne citer que les plus répandus en France. L’ensemble était complété suivant les besoins par un émetteur de poche pour micro cravate, un micro main HF ou encore un micro main à fil doté d’un émetteur enfichable type plug-on. La restriction annoncée du spectre HF disponible, qui pour la production audiovisuelle se cantonnera dans la plage 470 et 695 MHz à partager avec la TNT, a poussé les constructeurs à proposer aux utilisateurs qui n’ont besoin ni d’un grand nombre de liaisons, ni d’une grande portée, de se tourner vers d’autres fréquences en utilisant le numérique pour gagner en efficacité. Sur ce créneau, Audio-Technica propose, avec son System 10, une solution d’entrée de gamme extrêmement abordable, capable de transmettre le son numérique en 24 bit/48 kHz dans des fréquences où l’on ne se soucie plus de la TNT, mais qui peuvent être utilisées localement par les appareils utilisant la wi-fi ou d’autres produits grand public comme les fours micro-ondes. Le pack adapté aux vidéastes comprend le récepteur caméra ATW-R 1700 que l’on pourra au choix combiner à l’émetteur ceinture ATW-1701 et au micro cravate omni ATR35cW ou à l’émetteur main cardioïde ATW-T1002. Toujours en dessous des 400 euros HT, l’Australien Røde, de plus en plus actif sur le marché de la prise de son à l’image, vient de lancer son RodeLink Filmmaker Kit, un ensemble comprenant émetteur, micro Lavalier et récepteur, opérant également en numérique dans la plage des 2,4 GHz. De son côté, Sennheiser vient de lancer l’AVX, une nouvelle solution audio sans fil numérique évoluant dans la bande DECT 1,9 GHz. Situé autour de 1 000 euros suivant les options, la gamme est architecturée autour de l’étonnant récepteur caméra EKP conçu pour se fixer directement sur une fiche XLR. Les différents packs proposent soit l’émetteur ceinture SK associé au micro cravate ME2 ou MKE2 plus qualitatif, soit le micro main cardioïde MMD 835-1. Il est encore trop tôt pour avoir du recul sur la fiabilité de tels systèmes en condition réelle, mais les premiers tests sont encourageants et font apparaître une qualité audio qu’on ne trouvait pas en analogique à ce niveau de prix.

De plus, la mise en œuvre se voit considérablement simplifiée grâce notamment au choix de fréquences automatisé et totalement transparent pour l’utilisateur. Dans l’optique d’améliorer la facilité d’utilisation, Sennheiser pousse la barre un peu plus haut en ajoutant l’ajustement automatique des plages de niveau, de la puissance d’émission ou encore un astucieux système de réveil/mise en veille automatique associé à la mise en route de la caméra…

 

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