Solutions de projection pour le cinéma : le laser RGB

Les technologies de projection laser en public ont beaucoup évolué autour de deux procédés : le RGB et le laser phosphore. Passage en revue des évolutions de la technologie RGB.*
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Publié le 22/03/2017

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La technologie RGB est basée sur des diodes rouges, vertes et bleues. Ces diodes sont assemblées en grand nombre dans des modules installés soit dans le projecteur soit, comme illustré ci-dessous, dans des racks externes. Dans ce second cas, la tête du projecteur doit être reliée aux modules par un câble en fibre optique. La puissance du projecteur varie en fonction du nombre de modules utilisés.

3PLaser Diagram

Pour l’instant, le laser RGB est commercialisé pour des écrans de grande taille ou de taille intermédiaire. La puissance lumineuse d’un projecteur RGB peut atteindre 60 000 lumens, soit deux fois celle des projecteurs xénon les plus puissants. Il est possible d’aller au-delà, mais les puces DLP cinema de Texas Instruments ne le supporteraient pas (Sony ne propose pas encore de projecteur laser basé sur sa technologie SXRD).

Le coût d’un laser RGB se chiffre pour l’instant en centaines de milliers d’euros. L’objectif des salles premium qui en sont équipées est d’amortir leurs investissements (projection, son…) en pratiquant des prix de places majorés. Mais en installant un laser RGB, les exploitants misent également sur un effet d’image susceptible de bénéficier à toutes les salles de leur établissement.

Le laser RGB est qualifié de “pur laser” car la longueur d’onde de chaque couleur primaire peut être ajustée finement pour reproduire le spectre colorimétrique avec précision.

 

Evolutions du laser RGB

Laser RGB 3P : c’est la première génération de projecteurs lancée en 2012. Les modules produisent une teinte de chaque couleur primaire (3P signifie “3 primaries”).

Laser RGB 6P : Barco a lancé une gamme de projecteurs 6P à partir de 2014 (de 18 000 à 60 000 lumens) en 2014. Les diodes, placées à l’intérieur des projecteurs, produisent non pas trois mais six teintes de couleurs primaires (2 nuances de rouge, de vert et de bleu). Barco a installé trois projecteurs 6P en France : aux Kinepolis de Lomme et de Fenouillet et au Megarama de Villeneuve la Garenne.

 

Mélanger plusieurs teintes primaires (en multipliant les longueurs d’ondes) a pour principal intérêt d’atténuer le speckle, un effet de chatoiement que produit la lumière laser, très directive, quand elle se réfléchit sur l’écran.

Nec a lancé un projecteur 6P (de 35 000 lumens) en 2015.

Cinemeccanica propose une gamme de cinq sources laser 6P (dont la puissance varie de 19 000 à 60 000 lumens) conçues pour être reliées à une tête de projection par de la fibre optique. Cette solution permet de convertir des projecteurs xénon au laser.

 

La puissance du laser permet de réaliser des projections 3D beaucoup plus lumineuses sur les grands écrans, ce qui améliore sensiblement la qualité du relief. Le niveau de luminosité requis pour les projections à plat (14 foot lambert ou 48 candélas) peut être atteint si la taille de l’écran et la puissance du laser le permettent. Cela dépend aussi du type de solution 3D utilisé.

Le niveau de luminosité maximal est obtenu avec une solution relief de type passif (lunettes polarisantes, écran argenté). Avec les six teintes primaires du laser 6P, il est aussi possible d’utiliser une solution 3D basée sur le principe de la décomposition spectrale de la lumière (une partie du spectre colorimétrique est vue par l’oeil gauche, l’autre par l’oeil droit). Ce genre de solution fonctionne avec un écran blanc mat (en 2D comme en 3D) moins sujet au speckle qu’un écran argenté et qui permet d’obtenir une uniformité lumineuse optimale.

Les projecteurs 6P de Barco sont majoritairement utilisés avec des solutions 3D de type passif : c’est le cas d’à peu près 80% des quelque 150 écrans équipés par le constructeur à ce jour.

Laser 6P double tête : les six teintes primaires sont obtenues grâce à deux projecteurs 3P émettant des longueurs d’onde de rouge, de vert et de bleu différentes.

Cette architecture a été développée par Christie. Dolby l’a reprise pour concevoir son offre Dolby Vision lancée en 2015 : les modifications apportées par Dolby aux projecteurs Christie permettent d’élargir encore le spectre colorimétrique et d’élever considérablement le niveau de contraste.

Le procédé Dolby Vision est l’une des déclinaisons du format de projection HDR (high dynamic range) alliant haut contraste et gamme de couleurs très étendue. Un standard doit préciser les caractéristiques de ce format sur lequel travaillent d’autres prestataires comme Ymagis (EclairColor).

Le fait de coupler deux projecteurs laser de forte puissance permet de réaliser des projections 3D avec un niveau de lumière équivalent à la 2D sur des écrans de très grande taille. Le confort de vision des spectateurs est accru par le fait que les images pour l’œil gauche et l’œil droit sont projetées simultanément sur l’écran (sans triple flash).

Laser RGB EWD (comme Enhanced Wavelength Diversity) : c’est la dernière déclinaison du laser RGB lancée par Christie qui a notamment installé un projecteur de ce type dans la salle prestige (baptisée ICE) du CGR de Blagnac fin décembre.

Ce ne sont non plus deux, mais trois longueurs d’onde différentes qui sont produites pour chaque teinte primaire (on pourrait parler de “9P”). Le but principal est d’atténuer encore l’effet du speckle.

Comme le 6P, le laser EWD peut fonctionner avec un système 3D passif ou une solution basée sur le principe de la séparation des couleurs.

 

* Lire en complément notre article “Les solutions de projection laser pour le cinéma : le laser phosphore”

 

 

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